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facMaton : Pr. Elizabeth Macintyre

Portraits

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30/11/2018


« Vivez votre carrière médicale comme une aventure »

Spécialisée en hématologie biologique, le Pr. Elizabeth Macintyre enseigne à la faculté de médecine Paris Descartes et exerce au sein du Laboratoire d'Hématologie de l’Hôpital Necker-Enfants malades. Nous l’avons rencontrée pour en savoir plus sur son parcours et sur sa vision des études de médecine. 

Depuis combien de temps êtes-vous professeur à la faculté de médecine Paris Descartes ? 

Je travaille à la faculté depuis 1992 et je suis devenue professeur en 1997. J’enseigne l’hématologie au DFGSM2. 

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? 

J’ai effectué mes études en Ecosse puis à la faculté de Médecine et en médecine interne à NewcastleUpon-Tyne, Angleterre. Je me suis spécialisée en hématologie clinique et biologique à l’University College London (UCL), pour ensuite réaliser ma thèse de science à l’Hôpital Saint Louis à Paris. De 90 à 92, j’ai effectué un post-doc à Harvard et depuis je travaille à la faculté de médecine Paris Descartes. 

Vous avez beaucoup voyagé durant vos études, quel regard portez-vous sur les différents enseignements ? 

En France, le système d’enseignement est très normatif, dans un souci d’uniformité. Tout est imposé par l’éducation nationale aux professeurs, surtout à l’école, mais pas que. Ailleurs, en Europe, en Grande Bretagne notamment, étudiants et professeurs sont plus libres. Je pense qu’il est nécessaire durant ses études de voyager et d’aller à la rencontre d’autres cultures. Pour le plaisir de découvrir mais aussi pour savoir qu’il y a d’autres façons de faire et que la vérité unique n’existe pas. 

Avez-vous apprécié vos études en Grande-Bretagne ? 

Oui beaucoup, la vie universitaire là-bas est plus amusante qu’en France. Les étudiants vivent ensemble sur le campus et doivent gérer les problèmes liés à la collocation. Les étudiants apprennent à vivre sans leurs parents, c’est pourquoi la faculté doit être très plus « présente » qu’en France, plus encadrante. 

Que pensez-vous des études de médecine actuelles en France ? 

La sélection par la PACES n’est pas la meilleure façon d’identifier les meilleurs soignants et j’applaudis celles/ceux qui encouragent la diversification des voies d’entrée en deuxième cycle. Je pense qu’il est très difficile, après la réussite de la PACES, d’entamer directement la première année avec assiduité. Les étudiants pourraient peut-être, une fois cet examen validé, partir en mission humanitaire quelques mois, pour apprendre de nouvelles choses, sortir la tête des études et se consacrer ensuite pleinement et sereinement à la première année. 

Il est souvent difficile de choisir sa spécialité, avez-vous des conseils pour les étudiants ? 

Les métiers liés à la santé sont très nombreux donc tout jeune, après la PACES, doit pouvoir être épanoui dans sa médecine. Il faut qu’il soit exposé à toutes les possibilités (et pas uniquement en salle à l’hôpital) et qu’ensuite on le laisse choisir (dans la mesure du possible). Il y a une analogie que je donne parfois pour éviter l’angoisse du choix. Je pose la question : « Pensez-vous qu’il y ait plusieurs personnes sur terre avec lesquelles vous pourriez vivre une vie de couple ? », la réponse est souvent oui. Alors lorsque l’on choisit l’une de ses personnes pour la vie, il n’y a aucune raison que cela ne marche pas. Je veux dire par cet exemple, qu’il y a souvent plusieurs spécialités qui nous conviennent et choisir l’une d’entre elles ne veut pas dire que l’on va regretter les autres mais bien que l’on peut tout à fait s’épanouir au sein de toutes ces spécialités. Si l’on est destiné à être heureux, on le sera, indépendamment de sa spécialité (et vice versa). Donc, pas de stress autour de l’ECN.

Comment vous êtes-vous orientée vers l’hématologie ? 

Un peu par hasard. J’avais de bonnes notes à la fac et j’ai effectué, comme tout le monde, ma première année (actuellement ‘Foundation Year’) divisée en 2 parties : 6 mois en médecine interne et 6 mois en chirurgie. A l’époque, l’hématologie dépendait souvent de la médecine interne, donc j’ai découvert cette spécialité ainsi que des personnes qui m’ont inspirée et je n’ai jamais changé. Je n’avais pas prévu de quitter l’hématologie clinique pour la biologie, mais les aléas de mon parcours m’ont amené à faire ce choix, qui rend beaucoup plus facile un métier entre recherche et médecine que les disciplines cliniques pures.

Quelles compétences faut-il pour faire des études de médecine ? 

Il faut avoir un intérêt pour l’être humain. Le choix de faire médecine n’est jamais anodin, il y a le désir d’aider autrui et parfois le désir d’aider indirectement son entourage proche, même si cela n’est pas toujours conscientisé. 

Comment concevez-vous la relation professeurs / étudiants ? 

Peut-être serait-il utile de mettre en place un système de tutorat au sein de la faculté. Un professeur pourrait être le tuteur de plusieurs étudiants durant tout leur parcours. Les jeunes pourraient alors le solliciter lorsqu’ils ont des questions ou des difficultés, que ce soit d’ordre professionnel ou personnel. Les études de médecine sont longues et faire attention aux étudiants est souvent salutaire pour la minorité qui ont a besoin. 

Selon vous, quelles seraient les améliorations pédagogiques à apporter à la faculté ?

Avec le Doyen, Pr. Gérard Friedlander, et le conseil pédagogique, nous avons déjà fait de belles avancées pédagogiques et technologiques. Il y a plus d’écoute et d’ouverture vers l’extérieur. Nous nous modernisons aussi grâce à Eve et Barbara du service AGIR qui nous proposent des projets digitaux ambitieux. 

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